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La fin d’année approche et votre envie de nous soutenir grandit à la vitesse grand V. Si vous souhaitez soutenir notre travail éditorial et nos actions pour l’égalité, vous pouvez nous aider en faisant un don, même modeste, il compte vraiment. L’argent public au service de l’égalité salariale : l’exemple de Nantes Cette newsletter a été écrite par Laetitia Vitaud, autrice et conférencière spécialisée dans les mutations du travail avec une perspective résolument féministe. Diplômée d’HEC et agrégée d’anglais, elle a quitté l’enseignement en 2015 pour créer sa propre entreprise et étudier les évolutions du monde du travail. Experte au Lab de Welcome to the Jungle jusqu’en 2025, elle s’est particulièrement intéressée aux femmes au travail. Elle a également rédigé la note « Le coût de la séniorité des femmes » avec la Fondation des femmes. Son engagement féministe se déploie à travers plusieurs projets : la newsletter Laetitia@Work sur l’avenir du travail avec une grille de lecture féministe, le podcast Vieilles en puissance qui explore les enjeux d’argent, de genre et d’âge, le média Nouveau Départ, et ses ouvrages dont En finir avec la productivité. Critique féministe d’une notion phare du travail et de l’économie (Payot, 2022) où elle démontre que l’économie est Ce texte a été publié dans notre rapport diffusé à l’occasion du #10Novembre11h31. Lire en ligne – https://lesglorieuses.fr/egalite-salariale-nantes/ L’égalité entre les femmes et les hommes est souvent perçue comme une affaire d’État, régie par des lois nationales. Pourtant, comme je l’ai découvert en 2020 en lisant le génial Feminist City de l’autrice canadienne Leslie Kern, la bataille pour l’égalité se joue aussi à l’échelon de la ville. L’aménagement urbain et la conception des infrastructures ont historiquement été pensés par et pour les hommes, adaptés à leurs activités, leurs déplacements et leurs besoins. Une ville peut donc devenir « féministe » en transformant ses espaces pour les rendre plus favorables aux femmes et tout d’abord, en examinant l’impact de ses dépenses sur les femmes et les hommes. Cela passe par un outil puissant : la Budgétisation Sensible au Genre (BSG). On en trouve une application concrète en France, à Nantes, qui expérimente depuis plusieurs années cette approche pour repenser ses politiques publiques à travers le prisme de l’égalité. Sa mairesse Johanna Rolland a fait de cet engagement une priorité, promettant de faire de Nantes la « première ville non sexiste de France » d’ici 2030. Le BSG est le levier concret pour y parvenir. Qu’est-ce que c’est ? Le BSG (Gender Responsive Budgeting en anglais) est une méthode d’analyse et d’ajustement des budgets publics. Il s’agit de vérifier si les décisions budgétaires de la ville ont des effets différents sur les femmes et sur les hommes. Cela concerne toutes les formes de dépenses : investissements (éclairage public, voirie, mobilier urbain), fonctionnement des services ou subventions. Le concept a d’abord été développé par des organisations internationales comme l’ONU pour s’assurer que les dépenses publiques favorisent l’égalité entre les femmes et les hommes. Il repose sur quatre étapes : Nantes l’a expérimenté sur les Scènes Vagabondes En France, Nantes fait figure de pionnière. En 2023, la municipalité a appliqué la budgétisation sensible au genre (BSG) à plusieurs domaines pour mettre en lumière des déséquilibres souvent invisibles. Prenons un exemple concret : les Scènes Vagabondes, un festival artistique de plein air organisé chaque mois de juin. Les résultats ont été éclairants. Si la programmation est presque paritaire – 47 femmes et 43 hommes invités en 2023 -, en revanche, les cachets racontent une autre histoire : les artistes femmes étaient globalement moins bien rémunérées que leurs homologues masculins. En cause, la notoriété plus établie de certains artistes hommes… mais aussi les habitudes de négociation plus affirmées chez eux. Comment le BSG fait avancer l’égalité à l’échelon municipal ? À Nantes, la budgétisation sensible au genre aboutit à des actions concrètes. La ville corrige les écarts de rémunération repérés, encourage la mixité dans les comités de budgets participatifs et évalue l’usage des infrastructures publiques (voirie, éclairage, trottoirs) pour les rendre plus accessibles, sécurisées et utiles à toutes et tous. Plus largement, le BSG agit sur des leviers structurels souvent invisibles pour :
Concrètement, la budgétisation sensible au genre change des vies. Grâce à elle, l’artiste ou la technicienne du spectacle qui intervient à Nantes voit sa rémunération revalorisée. L’employée municipale n’a plus besoin de passer à temps partiel parce qu’une place en crèche lui permet de concilier travail et vie familiale. Et la multi-aidante, prise entre enfants, parents âgés et emploi, voit son quotidien allégé : des transports mieux pensés facilitent ses déplacements, rendant possible un temps plein sans perte de revenus. En agissant sur ces détails en apparence ordinaires, le BSG démontre toute sa puissance. ![]() Les choses que je (Rebecca) recommande Si c’est la panique sur la directive autour de l’égalité salariale au sein de votre entreprise, ce replay est fait pour vous. Avec Caroline Ramade (Q7 Leader) on a échangé sur notre sujet préféré qu’est la transparence salariale. La directive européenne va bientôt rendre ces discussions incontournables. Pour aider les RH et dirigeants à y voir plus clair, vous pouvez regarder le replay. #OnSoutient le magazine Koï Europe. Votre MAGA contre les femmes : la « Grande Féminisation » selon la trumpiste Helen Andrews. LE cadeau de fêtes de fin d’année à offrir à toutes les féministes / anti-féministes autour de vous, c’est évidemment le mug que nous avons imaginé avec L’Indéprimeuse. On peut l’acheter ici 🙂 Cette semaine, nous souhaitons vous parler d’une newsletter que nous apprécions beaucoup : Artips. Les Glorieuses, c’est une newsletter que j’écris depuis 10 ans (le premier numéro a été envoyé très exactement le mercredi 30 septembre 2015). Je puise dans le monde des idées ce qui peut nous aider à comprendre ce qui nous entoure et ce qu’on ressent. Et parfois, ici-même, naissent des mouvements qui changent la vie des femmes. Vos retours me permettent d’améliorer cette newsletter, de découvrir des pièces de théâtre, des livres, des films. Ils me permettent de faire le pas de côté toujours nécessaire pour s’améliorer. Vous pouvez répondre à cet email ou envoyer un message à [email protected]. Vous aimez ce qu’on fait ? Aidez-nous à le faire encore mieux. Un don pour vous, un grand geste pour nous : il permet de continuer à vous écrire chaque semaine. Si vous souhaitez nous soutenir et faire un don, c’est ici. Vous souhaitez atteindre un lectorat de personnes curieuses et engagées ? Vous pouvez, comme AXA, Fondation L’Oréal et les Editions du Seuil, devenir partenaire des Glorieuses.
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